Un livre sur la vie du père Étienne Bazin
Du Pôle Nord à la côte de Nuits
Nombreux sont ceux, en Côte de Nuits, qui ont été baptisés ou mariés par le
père Étienne Bazin, curé de Corgoloin, Comblanchien, Prémeaux, Prissey et Quincey, de 1949, jusqu'à sa mort en 1972.
« À tous, il a laissé un profond et affectueux souvenir », souligne Jean-François Bazin, co-auteur, avec Eric, Charles et Hervé Bazin un livre qui lui est consacré : « Étienne Bazin, Oblat de
Marie Immaculée, Pionnier des missions en Pays Inuit » (*).
Né en 1903 à Dijon, au sein d'une famille bourguignonne de la Côte, il voulut devenir prêtre, choisissant l'un des apostolats les plus rigoureux : Oblat de Marie Immaculée dans les missions du
Grand Nord canadien.
Il partagea de 1928 à 1946 l'existence des Inuits (alors appelées Esquimaux) de la baie d'Hudson et de la terre de Baffin, puis en 1947 et 1948, avant son retour en France, épuisé par tant
d'épreuves. Le père Bazin fut le fondateur de la mission Saint-Etienne à Igloolik, le premier Blanc à vivre avec les Inuits de façon permanente et isolée, aux limites extrêmes de la résistance
humaine. Il a construit le premier bâtiment d'Igloolik, petite cité rendue célèbre par le film La légende de l'homme rapide, tourné ici il y a quelques années. Il est entré dans l'histoire du
Pôle Nord.
Une figure toujours présente
Cette figure n'est pas oubliée au Nunavut. Sa photographie illustrait ainsi en 2008 l'image de l'anniversaire de ces missions catholiques, de même que le site Internet des Oblats de Marie
Immaculée dans le diocèse de la baie d'Hudson.
Elle n'est pas oubliée non plus en côte de Nuits, où l'on se souvient de sa soutane, de sa barbe, de sa pipe, des photographies d'Inuit sur les murs de son petit bureau, de son exceptionnel
charisme qui faisait de lui l'ami de tous. Il avait notamment pris une part active à la reconstruction de l'église de Comblanchien après le drame de 1944.
Aux éditions Clea
Eric, Charles, Gabriel, Hervé et Jean-François Bazin, cinq de ses neveux, publient aujourd'hui sa vie : « Étienne Bazin,
pionnier des missions en Pays Inuit », à l'aide de ses lettres et de ses nombreuses photographies.
Le professeur Bernard Saladin d'Anglure, de l'université Laval au Québec, préface cet ouvrage et en montre l'intérêt au regard d'une civilisation encore ignorée durant les années 1930 et
désormais reconnue. Un chapitre est consacré, bien sûr à la vie du père Bazin, curé en Côte de Nuits.
(*) « Étienne Bazin, Oblat de Marie Immaculée, Pionnier des missions en Pays Inuit », éditions Cléa, 33, rue Sambin à Dijon. 255 pages, 35 euros. Il est disponible dans les librairies de Beaune et de Nuits-Saint-Georges
On doit cet ouvrage à cinq des neveux du père Bazin (repro BP-LD)